Nouvelle vie, NOUVEAUX BESOINS !

La ménopause, cette étape dans la vie d’une femme qui peut être considérée comme une « nouvelle vie » ou la « pause du ventre ».

Mais quel est l’impact de cette mise en veille hormonale sur notre peau ?

Schéma représentant la structure de la peau

La ménopause survient aux alentours de 51 ans se traduit par l’arrêt de la production des hormones œstrogènes et progestérones. Ces hormones stimulent les fibroblastes, ces « ouvriers » du derme qui produisent les fibres les plus importantes de notre peau.

Au niveau du Derme que ce passe-t-il ?

Le derme à un rôle de soutien et de nutrition pour l’épiderme. Cette partie de la peau est vascularisée et inervée.

Le taux d’œstrogènes étant en baisse les fibroblastes sont moins stimulés pour produire les fibres d’élastine, d’acide hyaluronique et de collagène de notre peau.

L’ELASTINE :

C’est la protéine fibreuse qui permet à la peau d’être élastique, c’est ce qui fait que lorsque vous pincez votre peau au niveau du dos de la main par exemple elle revient à son état initial. Il faut savoir que la quasi intégralité de notre stock d’élastine est produit jusqu’à la puberté, et nous vivons toute notre vie avec ce stock. A 30 ans on à 5 fois plus d’élastine qu’après 45 ans, cette élastine est altérée tout au long de notre vie par les UV du soleil (élastose solaire), l’alimentation (glycation), les radicaux libres etc…

LE COLLAGENE :

C’est la fibre la plus abondante dans la peau et qui lui donne sa tonicité et son maintien. A partir de 25 ans nous perdons 1% par an de fibres de collagène, après la ménopause nous perdons 2% par an. Le collagène que nous perdons le plus est le collagène réticulaire. Ce collagène est celui qui soutien les papilles dermiques, ces invaginations de la jonction dermo-épidermique. 

L’alimentation notamment trop sucrée peut altérer les fibres de collagène ? C’est ce qu’on appelle la glycation du collagène, les molécules de glucose contenues dans l’alimentation, surtout les sucres rapides, vont se fixer aux fibres de collagène et les rendre rigides et cassantes, c’est ce qui se traduit par une peau flasque ?

L’ACIDE HYALURONIQUE :

C’est une grosse molécule, ayant un rôle dans l’hydratation du derme et de l’épiderme. Ce sont des « petites éponges » pouvant absorber jusqu’à 10000 fois leur poids en eau, c’est ce qui confère ce bombé, ce pulpant à la peau ?

Vous l’aurez compris dès 25 ans nous commençons à perdre toutes ces structures qui maintiennent notre peau, et dès la ménopause la perte de ces fibres et molécules d’acide hyaluronique s’accélère et induisent une perte l’élasticité, de tonicité et d’hydratation. Les tissus graisseux se répartissent selon la loi de la pesanteur, les rides se creusent et apparait le relâchement cutané.

Au niveau de la Jonction Dermo-Epidermique (JDE) que ce passe-t-il ?

Au fil du temps les papilles dermiques ne sont plus retenues par le collagène réticulaire, la JDE perd de ses ondulations. Les échanges de nutriments se font moins entre le derme et l’épiderme du fait de la diminution de la surface de contact entre le derme et l’épiderme. La JDE s’aplatissant elle ne joue plus sont rôle de soutien pour l’épiderme. 

Imaginez les ressorts (les fibres de collagène) de votre canapé qui s’abiment, ils ne soutiennent plus le coussin sur lequel vous êtes assis (la JDE) , le coussin s’effondre (l’épiderme) et votre canapé est déformé (la ride). Donc a structure de l’épiderme s’éffondre et les rides apparaissent.

Au niveau de l’épiderme que ce passe-t-il ?

L’épiderme est la partie de la peau ne contenant aucun vaisseau sanguin

Les échanges de nutriments se faisant moins bien entre le derme et l’épiderme, les cellules « souches » de l’épiderme sont moins nourries et se divisent donc moins bien, le renouvellement cellulaire est donc au ralenti, il se fait en 60 jours au lieu de 28/35 jours à 20 ans. L’épaisseur de l’épiderme diminue, les vaisseaux sanguins deviennent plus fragiles et plus visibles à travers la peau ce qui peu induire une couperose dans certains cas.

Le nombre de mélanocytes diminuent. Les ménanocytes sont des cellules de l’épiderme produisant la mélanine, ces pigments qui donne cette couleur dorée à notre peau lorsque nous bronzons. Le bronzage est un moyen naturel de défense de notre peau contre l’agression des UV. En effet les pigment vont se localiser au dessus du noyaux des cellules de la peau, comme un chapeau, pour protéger l’ADN des cellules. A la ménopause cette protection naturelle se fait moins bien et notre peau est donc moins protégée contre les UV.

Le risque de cancer de la peau est donc également plus élevé. La protection solaire quotidienne deviens indispensable.

Et les tâches pigmentaires dans tout cela ?

Des tâches de vieillesses (lentigos) aussi appelées « fleurs de cimetière » (oui je vous l’accorde ce nom fait peur) peuvent apparaitre sur le visage, le dos et les mains, la première cause est le vieillissement de la peau. Comme vu précédemment le renouvellement cellulaire se fait plus lentement, c’est pourquoi les tâches apparaissent car elles sont dûes à une accumulation de mélanine suite à de fortes expositions répétées au soleil durant toute la vie. Le capital soleil n’est donc pas une légende.

Une utilisation trop importante de gommages, peuvent aussi être à l’origine de ces tâches disgracieuses.

Au niveau de la couche cornée que ce passe-t-il ?

Après la ménopause (environ 5 ans) la production de lipides s’arrête, les principaux lipides présents dans la couche cornée sont les céramides. Elles constituent le ciment qui assure la cohésion entre les cornéocytes (les cellules de la couche cornée), ces cornéocytes forment un mur de brique imperméable et protège notre épiderme et notre derme contre la déshydratation ou les agressions extérieures. De plus la sécrétion de sébum s’affaiblie et le pH se modifie et cela a pour conséquence de rendre l’effet barrière de notre couche cornée moins efficace. La peau devient sèche et sensible.

Le renouvellement cellulaire de l’épiderme étant ralenti la couche cornée s’épaissit, les enzymes permettant de détacher les peaux mortes disparaissent et il y a donc une desquamation importante (dartres, plaques de sécheresse).

En résumé la ménopause provoque un vieillissement cutané important et accéléré, relâchement cutané, rides, peau fine, sèche et rugueuse, teint terne, taches pigmentaires.

Au-delà du vieillissement génétiquement programmé de nos cellules, des facteurs extérieurs accélèrent ce vieillissement cutané, notamment l’exposition au soleil, l’alimentation, le tabac, l’alcool et la pollution. Ces facteurs augmentent le nombre de radicaux libres qui provoquent une oxydation dans nos cellules, une dégradation de l’ADN, des lipides, des cellules de notre peau : c’est le stress oxydatif.

Afin de limiter au maximum l’apparition des signes de l’âge, ayez une bonne hygiène de vie avec une bonne alimentation, consommez des anti-oxydants, des OMEGA 3 (poissons gras, huiles végétales). Apportez de bons lipides et de l’acide hyaluronique à votre peau, mais également des vitamines afin de stimuler vos fibroblastes à produire l’élastine et le collagène nécessaires au maintien et l’élasticité de votre peau. Appliquez également des antioxydants sur votre peau (VIT A, C et E) pour limiter l’apparition des radicaux libres. Des cosmétiques contenant des céramides pour consolider votre couche cornée et donc l’isolation de votre peau. Evitez au maximum les cosmétiques contenant des huiles minérales, des conservateurs chimiques, du parfum… ou tout autre substances susceptibles d’accélèrer le vieillissement cutané.

Des techniques de soins peuvent relancer le renouvellement cellulaire, la production de collagène et diminuer le relâchement cutané, comme le microneedling ou la radiofréquence. Consultez un expert de l’épiderme, il saura vous conseiller au mieux selon les besoins de votre peau. 

Elodie

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